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MONO500

LE GAUCHO ARGENTIN, L’INCARNATION DE LA LIBERTE

© Jimmy Nelson

Lancé sur les routes du nord-ouest argentin, vous serez tenté de vous arrêter à la rencontre de la figure emblématique locale… Le Gaucho est un peu le cow-boy argentin. Cavalier, il est celui chargé de garder le troupeau. En Argentine, il représente la fierté, l’humilité face aux éléments, il est l’archétype du défenseur des « valeurs essentielles de l’être argentin ».

“Il ne possède rien. Il se pourrait qu’il soit le plus indépendant, le plus libre et le plus heureux des hommes: il est d’une indifférence totale quant à son avenir et vit simplement au jour le jour.”.

Historiquement, le gaucho naît de la rencontre entre l’européen et l’autochtone, il est souvent métis (espagnol, indien, portugais), déserteur, marin échappé, rebelle et rejeté par la société…c’est un individu à part socialement, qui a ses propres codes, règles et lois d’usage.

Ceux qui subsistent, même si ils sont plus ou moins sédentarisés, restent indomptables et changent souvent d’estancia. Nomades à  cheval, solitaires ou en petit groupe, il sont toujours munis d’un lazo, d’un couteau et des boleadoras, 3 pierres rondes unies par des fils de cuir tressés qui sont une arme redoutable une fois lancées dans les pattes d’un animal.

LES GAUCHOS DE GUEMES

Martín Miguel de Güemes (1785-1821) : Né et mort à Salta, vénéré en Argentine et tout particulièrement dans sa ville natale, ce général argentin est considéré comme un héros national pour avoir mené avec des milliers de gauchos la guerra gaucha, une stratégie de harcèlement quasi-ininterrompue dans le cadre des guerres d’indépendance pour créer les provinces septentrionales de l’Argentine actuelle.

Tous les ans, le 17 juin, la ville de Salta accueille le plus grands rassemblement Gaucho du pays. Dans leurs plus beaux apparats, venus de toutes les provinces, les gauchos défilent pour rendre hommage à leur libérateur.

EN DUO SUR LES PISTES… TÉMOIGNAGE ET PHOTOS

Extrait du carnet de voyage de Madeleine et Christophe, un couple d’Alsacien en tour du monde qui nous a fait le plaisir de partager un bout de route avec nous dans le nord ouest argentin, aux frontières de la Bolivie et du Chili…

Chloé, Gauthier, Madeleine, Christophe et Camille

“Nous apprécions chaque étape de notre tour du monde, mais ce circuit à moto, Christophe espérait secrètement pouvoir le réaliser. Une parenthèse qui tient de l’exploit…

Salta, place du 9 de Julio, nous avons rendez-vous avec l’équipe de Mono 500, Chloé, Gauthier et Camille. Tous les trois forment une équipe bien sympathique. Nous faisons plus ample connaissance autour d’un repas clôturé par un briefing concernant les 5 jours à venir… Chloé nous a concocté un circuit condensé sur mesure au nord de Salta, un circuit entre route et piste à travers les hauts plateaux désertiques andins..

Nous découvrons les motos rutilantes, rouge et chromes scintillants avant d’attaquer la Cornisa, une petite route sinueuse à souhait qui traverse une forêt dense.

Nous passons la ville de Jujuy et entrons dans la Quebrada de Humahuaca. L’érosion de la montagne laisse apparaître des strates ondulantes de couleurs chatoyantes, appelées palette du peintre. Le cactus candélabre est la principale végétation dans ce décor minéral.

Nous rejoignons ensuite la piste, passons le col Abra del Condor à 4000 m puis descendons au cœur du canyon pour arriver au soleil couchant dans le village encaissé d’Iruya. Les nuits sont fraiches en altitude mais oh combien reposantes loin des agitations d’une ville.

Pour mieux supporter le mal de l’altitude nous mâchons des feuilles de coca, un usage emprunté aux locaux qui s’avère plus ou moins efficace. Une belle piste passant par des villages hors du temps nous fait découvrir des scènes de vie locales, un gaucho sur son cheval, des enfants nous saluant, des troupeaux de lamas, les habitants d’un hameau qui fêtent carnaval et qui ne manquent pas de nous faire participer au baptême de la farine.

Le lendemain, c’est reparti vers la laguna de los Pozuelos. Cette étendue d’eau salée à plus de 4000 m est déclarée monument national. L’endroit est désertique et pour cause, l’accès y est restreint. Chloé et Gauthier ont su développer depuis leurs 2 années de présence en Argentine un réseau social leur autorisant l’accès à des endroits féeriques uniques. Nous apprécions le pique-nique sur les berges du lac en compagnie de quelques flamants roses. Nous poursuivons à travers des paysages variés entre pistes poussiéreuses et routes à lacets pour atteindre en fin de journée Tilcara.

La Cuesta de Lipan s’engouffre dans la montagne avant d’amorcer une série de virages en épingle pour passer un col à 4170 m puis redescendre vers las Salinas Grandes. Le spectacle est magique, cette petite tache blanche aperçue depuis la montagne, s’est transformée en immense salar.

Nous rejoignons la portion la plus exigeante de la Ruta 40, empruntée quelques semaines auparavant par le Dakar. Tôle ondulée, nids de poule, bacs à sable, cette piste à travers les hauts plateaux et des paysages 3 magnifiques demande une grande concentration.

En fin de journée après une longue étape, un moment d’inattention, de fatigue et plouf… C’est le plongeon! Heureusement dans un bac à sable à vitesse réduite. Nous nous en tirons avec quelques bleus et quelques égratignures sans gravité pour la moto. Le nouvel appareil photo acheté en Australie n’a pas survécu ! La piste continue et la Royal Enfield se laisse à nouveau dompter pour terminer le circuit de la journée.

Tous les soirs, Gauthier et Camille effectuent une révision des niveaux et des pneumatiques, le nettoyage du filtre à air et de la chaine pour assurer la sécurité des motards mais aussi la longévité des motos. Ce soir, suite à notre chute, l’entretien de la moto sera un peu plus long…

Le dernier jour nous longeons la ligne de chemin de fer du train des nuages. La route serpente à flanc de montagne puis se rétrécie et laisse place à une piste qui rejoint le site pré-incas de Tastil. Niché au sommet d’une colline, ce village abritait environs 1100 personnes regroupées dans 300 habitations.

Nous enfourchons une dernière fois notre monture, suivons le lit de la rivière Toro, atteignons la vallée de Lerma qui marque notre retour à Salta et la fin de notre périple.

Nous disons aurevoir à notre Royal Enfield, décidément idéale pour ce genre de circuit. Très maniable pour affronter les pièges des pistes et juste ce qu’il faut de puissance pour apprécier les belles routes de montagne. Elle n’a jamais souffert du manque d’oxygène en altitude, ce qui n’a pas toujours été notre cas. Son look retro attire les regards et les curieux, même dans les villages les plus reculés… Notre périple argentin se termine ici.”

A DÉCOUVRIR DANS MOTO JOURNAL CETTE SEMAINE

Dans le numéro du 6 mars de Moto Journal, le carnet de voyage de Patrick. Extraits.

” La piste que nous rejoignons l’après-midi est désertée. La découverte d’Iruya se mérite ! Pour rejoindre cette localité de mille habitants située au fond d’un canyon étroit, il nous faudra avaler 60km de pistes caillassées, passer un col à 4000m et redescendre dans un enchaînement d’épingles en surveillant les bacs à sable…”

“Dernière étape avant le désert d’Atacama chilien, Susquès nous plonge dans une ambiance western. Quelques broussailles emportées par le vent roulent sur un sol poussiéreux. Une station-service digne de Bagdad Café nous accueille. Nous faisons le plein avant de piquer vers le sud pour longer la Cordillère, sur une nouvelle piste du Dakar…”

Découvrez l’article complet… C’est par ICI !

10 ANS AUTOUR DU MONDE EN SIDE CAR !

Beaucoup en ont rêvé, lui l’a réalisé ! Lui, c’est Hubert Kriegel. Un matin de février, il a tout largué, sa vie confortable à New York, sa famille, ses amis… pour partir découvrir le monde et “retrouver sa liberté”.

Le 16 février 2004 à 6h04, Hubert Kriegel, expatrié à New York, quitte la ville pour un périple pour le moins particulier… Avec son side-car Oural il prend la direction du cercle polaire, première étape de son incroyable aventure ” dix ans sur la route”

“Quand on vit dans des grandes villes comme New York, on retourne ses poches le 31 décembre et elles sont vides parce qu’avec ces styles de vie, on dépense tout ce que l’on gagne ! Soit je continuais à travailler pendant 10 ans et je serai pauvre après… Soit je vendais tout ce que j’avais, je partais voyager pendant 10 ans sur mon sidecar, et je serai pauvre après !”

Voilà 9 ans qu’Hubert, 67 ans, trace sa route en side. On aimerait lui demander combien de passeports il a amassé depuis son départ en 2005…  Il a déjà sillonné une bonne partie de la planète, plus de 40 pays, du Costa Rica à la Scandinavie en passant par l’Australie, le Canada et la Côte d’Ivoire…

Prochaine destination, l’Inde. Pour sûr, il ne passera pas inaperçu sur la terre des maharajas avec son drôle d’engin et son chargement !

Retrouvez toutes les photos, les vidéos et les récits de son tour du monde en sidecar sur son site  www.thetimelessride.com

JE TE PARIE LE TOUR DE LA MER NOIRE EN MOTO

En 2010, tu décides de partir faire le tour de la mer noire à moto. Comment est né ce projet de voyage ?

Le mode de transport, la moto. La mienne, elle s’appelle Walkyrie et elle m’accompagne depuis toujours.

Comment as-tu préparé ton voyage ?

Préparer son voyage c’est déjà partir…  Dans un premier temps, je me documente, je lis l’histoire du pays, les mouvements des populations, les intérêts économiques… Puis vient la consultation des guides et les heures de recherches sur Internet.
La carte papier reste pour moi un incontournable,  pour bien cerner les distances et avoir une vue d’ensemble du relief. Enfin , je trace sur le GPS. Je rêve ainsi de mon projet six mois avant et parfois plus… c’est dur d’attendre, mais quand arrive le jour J… quelle émotion !

Pourquoi avoir choisi cet itinéraire ?

J’avais à la base sélectionné quelques incontournables : suivre la route militaire, franchir le Caucase par cette frontière, découvrir le Mont Ararat et le palais Isak Pasa. J’ai choisi des routes secondaires et des paysages vastes comme sait l’offrir la Turquie, et des sentiers plus escarpés en Géorgie. La traversée du Caucase fut une étape magnifique! En Russie et en Ukraine, nous avons traversé beaucoup de plaines et j’ai adoré ! La Moldavie, fut une sacré transition, la grande pauvreté du pays m’a secoué.voyage moto mer noire Enfin, l’Albanie et ses pistes montagneuses ont été un vrai coup de cœur, une terre encore sauvage, mais pour combien de temps…

Une rencontre t’a marquée en particulier ?

Pas facile de choisir… Nous avons rencontré beaucoup de bienveillance. Je garde un excellent souvenir  de l’accueil des bikers russes, extraordinaire ! Des gens solides, avenants et respectueux du voyageur a moto. Ils seront toujours les bienvenus ici chez moi. Anton nous a fait découvrir sa région durant toute une journée. Je me souviens aussi des routiers iraniens avec ce convoie de camions citernes, incroyable !
Quelle été ta plus grosse galère ?
Hé bien aucune, des aléas de voyage mais pas vraiment de « galère ».

Et ta plus belle expérience ?

La rencontre avec le mont Ararat, c’est comme notre arrivé au Nemrut Dagui en 2011.
Le village d’Usguli en Géorgie, simple et rude, magnifique!
La route militaire en Géorgie, même sous la pluie, c’est quelque chose ! Humainement, le village de berger juste avant Kars en Turquie, des gens adorables.

Quel accessoire t’a été le plus utile pendant ton périple ?
Mon GPS, ensuite ma cafetière italienne et donc le réchaud qui va avec.

…Et le moins utile ?
Ma pelle US pour la moto, le bidon jerrican.. mais je les emporte toujours  (certainement pour le look !)

Un petit conseil pour ceux qui souhaitent tenter l’aventure ?
Partez ! Partez ! C’est du bonheur et ce n’est pas si difficile, c’est juste le départ et sa petite boule au fond de la gorge quand on laisse sa famille. Ensuite, bien préparer son voyage, lire les histoires, les coutumes et dessiner un itinéraire approximatif.
En Géorgie, un peu de pratique de tout terrain est recommandée car parfois, c’est vraiment  du sport !
Pour ma part, j’aime partir avec un peu de musique, quelque photos de votre famille, un carnet et un stylo.

Un projet en préparation ?

Tellement de destinations… la route M41 au Tadjikistan, et la boucle Samakand, Dushambé, Khorog, Osh. Il me faudra environ 1 mois… Cela ce fera certainement l’année prochaine. J’aimerai aussi partir en Turquie et en Iran en solo, à suivre donc…

Merci à vous deux et qui sait, a bientôt sur la route !

Toutes les autres aventures de Thierry : www.lesroutesdailleurs.com

LA CORSE À MOTO, POUR LA BEAUTÉ DU RIDE

Clément, tu connaissais déjà la Corse, pourquoi vouloir y retourner en moto?

Oui j’ai eu la chance de découvrir la Corse en bateau il y a quelques années. C’était l’occasion de changer de point de vue et de l’apprécier de l’intérieur. Nous avions autant envie de découvrir les routes et les villages que leurs habitants.

Où avez-vous trouvé votre moto et comment l’as tu préparé?

On est un peu parti sur un coup de tête. Ça faisait un moment que je regardais les annonces d’Africa Twin surLeboncoin.fr et lorsque mon pote m’a proposé de partir on s’est rapidement décidé pour une 650cc de 1989. Nous avons rencontré le propriétaire qui est un vrai passionné de motos et de mécanique et le courant est tout de suite passé. Il nous a beaucoup conseillé et nous a même fait de l’assistance en ligne. C’était rassurant d’être en contact avec quelqu’un qui connait bien la moto.

Pour ce qui est de l’équipement, nous avons fait au plus simple et au plus économique. Il nous fallait un bon système pour les bagages. Nous avions pensé prendre des sacoches cavalières et un grand top case mais pas assez pratique finalement (pas de possibilité de monter des affaires par dessus le top case donc perte de place). Du coup on a fabriqué un grand porte bagage pour sangler toutes nos affaires. Trois tubes carrés en alu, des tiges transversales, des colliers en acier pour la fixation et c’était parfait. RIP ce beau porte bagage qui a souffert lors d’une chute sur les pistes du desert des Agriate! Nous l’avons remplacé par une ancienne grille à pain tout aussi pratique trouvée dans une décharge.

Après avoir durci la suspension arrière, acheté une bombe de WD40 et une de graisse pour la chaine c’était parti.

Expliques nous votre choix d’itinéraire?

Disons que le but du trip était de faire le  » tour de Corse » et de rentrer dans les terres le plus souvent possible pour découvrir la « Corse profonde »

Ton budget global en 3 lignes?

Tout est un peu cher en Corse. Par exemple, Ils n’ont pas de 98 et te vendent le 95 plus cher que le 98 sur le continent.. Au total on a dépensé  1000€ chacun sans compter la moto et les équipements.

Quelles étaient vos expérience moto avant de partir?

Rémi n’était jamais monté sur une moto auparavant donc ce fut une grande découverte. Pour ma part, j’ai appris à faire de la moto sur une 80 surpuissante sur les traces de Gille Lalay, dans le Limousin. J’ai eu par la suite une Yam DT 125 qui n’a pas fait beaucoup de route parceque je n’avais pas le permis. Après j’ai fait un trip fabuleux entre Cusco et le Machu Pichu sur des Honda 250 avec un pote. Donc plus de passion que d’expérience je dirais.

Avez-vous rencontré d’autres motards? Quel genre, quel kiff?

Il faut dire que les motards qu’on a rencontré étaient en gros groupes, fermés hermétiquement dans leurs combinaisons intégrales en cuir sous le soleil. Je les ai trouvé un peu sur-équipés et j’ai l’impression que ça enlève du plaisir. Après, chacun son truc… .

Quels sites, villages, paysages t’ont le plus marqué sur l’ensemble du voyage?

Sans aucun doute, Millau. Deuxième étape après le départ de Paris. Une belle arrivée de nuit. Millau, son beau viaduc, son village désert et ses campings fermés ! Non sérieusement, toutes les routes du littoral sont à couper le souffle. Des vues magnifiques sur la mer juste au dessus des falaises. Mais l’endroit qui m’a le plus marqué finalement c’est la toute petite route qui longe les gorges de la Restonica en partant de Corte.

Belle succession de petits lacets ( usage du klaxon) qui montent et  un territoire naturel vierge d’une immensité à donner le vertige.

As-tu réussi à faire les photos que tu voulais?

Ahah, oui je me suis amusé, je voulais faire un album un peu différent de ceux qu’on a l’habitude de voir. Il s’appelle « les routes corses » et mon idée était de le prendre au pied de la lettre. J’ai donc pris des routes corses. C’est un peu une litote, j’ai voulu montrer moins pour suggérer plus. Évidemment j’ai aussi fait un album plus classique avec des photos souvenirs.

Pas trop dur pour ton passager ? Comment a t il vécu le trip?

Oui Rémi n’a pas le permis. Il m’a impressionné ! Perso je ne sais pas comment il a fait, j’aurais était incapable de faire presque 4 000 bornes à l’arrière. Il a adoré, les bagages lui faisaient un grand dossier pour se reposer le dos et nous n’avons pas fait de très longues étapes non plus. On avait l’impression d’être sur un A380 tellement on était stables avec notre aileron.

Les Corses n’en ont pas marre de voir les motards par milliers dévaler leurs routes chaque année? Comment avez-vous été accueillis?

Les Corses sont difficile d’accès. Ils sont jaloux de leur belle île et ça se comprend. Donc un peu austères aux premiers abords mais avec une ou deux bonnes blagues, ils se délient et sont capable d’une grande générosité. Nous avons fait peu de rencontres mais des très belles.

Parles-nous de ton prochain road-trip?

Le prochain trip ? C’est intimidant d’en parler. Je trouve ça intime. En gros, mon projet c’est un voyage au long cours jusqu’en Asie du sud-ouest, surement avec la même moto. Je pars avec mon appareil photo pour me déconnecter, pour gouter au nomadisme avec une grosse envie de découverte et d’aventure. Mais ça, c’est une autre histoire…

Propos & images de Clément B.

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