MARIAGE À MENDOZA, LE ROAD MOVIE DÉJANTÉ

Un road-movie enjoué et léger : cap sur l’Argentine et son vent de liberté !

Qui n’a pas souhaité, sur un coup de tête, traverser l’Amérique du Sud à moto en sortant de Carnets de voyage ? L’ Argentine fait rêver le vieux continent. Elle nous attire, réveille nos fantasmes, chante au loin sa sensualité. Là-bas, même la langue espagnole perd de ses aspérités pour susurrer à nos oreilles des mots caressants. On l’imagine, de l’autre côté de l’océan, trépidante et enflammée, gorgée de soleil et de vin.

Il semblerait que le pays du Sol de Mayo ait exercé son charme sur Edouard Deluc. Ce n’est pas sur la vieille « Vigoureuse » du futur Che que nous dévalons les routes interminables de la Cordillère des Andes, mais au bord d’une voiture rectangulaire aux allures de la Chevrolet deTwo Lanes Blacktop. Au fil de cette traversée picaresque, Deluc nous plonge dans une ambiance enivrante.

Marcus et Antoine sont deux frères si peu semblables que Deluc et ses coscénaristes ont dû eux-mêmes leur donner deux pères différents. Egarés dans leur vie respective, ils atterrissent à Buenos Aires pour se rendre au mariage de leur cousin. De la capitale à leur arrivée à Mendoza, nous voilà embarqués dans une virée de quatre jours, une épopée haute en couleur qui finira par les rapprocher l’un de l’autre.

Tour à tour hilarant, émouvant et suave, Mariage à Mendoza reprend tous les codes du road-movie. Sur la route, se succèdent rencontres incongrues et situations cocasses. Gonzalo (Gustavo Kamenetzky), un maître d’hôtel névralgique, s’attendrit pour ce duo fantasque et s’enfuit avec eux en s’improvisant guide touristique. Puis, une jeune beauté (Paloma Contreras) respirant la poésie et le désir, embarque sans prévenir. Et voilà cette nouvelle famille recomposée en route vers le mariage du cousin, envers et contre tout.
Des nuits « calientes » de Callao y Corrientes aux déserts montagneux de la Cordillère des Andes en passant parles vignobles de Cafayate qui s’étendent à faire tourner la tête, notre joyeuse troupe vit à un rythme fou. En chemin, il y aura les plaisirs du vin et de la chair, une liqueur de prune, des médicaments perdus, une chasse effrénée aux voleurs de voiture, de la poussière de météorite, un cortège explosif de motards, et enfin, un mariage mis en péril par quelques lignes de cocaïne.

Alternant moments de purs divertissements et parenthèses plus profondes sur les rapports humains, on se laisse facilement envelopper par cette généreuse comédie.

Critique Edith Mahieux pour cinergie.be

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