Raid à moto Argentine, Bolivie, Pérou : retour sur un périple exceptionnel !

Cette année, après plusieurs mois de préparation, notre agence de voyages à moto a réalisé une première mondiale : rallier le Macchu-Picchu au Pérou depuis Salta en Argentine au guidon de ses fidèles Royal Enfield Classic 500 EFI.

4 membres organisateurs. 2 mois complet de traversée. 4 itinéraires. Près de 12 000 kilomètres parcourus. 40 baroudeurs audacieux soigneusement sélectionnés et animés par le même désir : relever un défi logistique et mécanique en partant à l’assaut des plus belles routes des Andes au guidon de la belle Royal Enfield. Retour sur une aventure extraordinaire…

Pour mettre toutes les chances de réussite de notre côté, toute l’équipe a été mobilisée : Chloé (logistique), Gauthier (guidage), Simon (mécanique) et Andres (assistance).

Nous avons commencé par ressortir les notes et cartes de nos repérages et avons étudié tous les éléments en collaboration avec les autorités et acteurs locaux pendant plusieurs mois. Il nous a fallu préparer les passages de frontières, optimiser des itinéraires, sélectionner les plus routes, les pistes les plus folles et les sites incontournables du continent sud-américain : Le Salar d’Uyuni, le Lac Titicaca, le Canyon de Colca et le Machu-Picchu.

Inutile de chercher à raconter le détail de chaque journée, un roman de suffirait pas… En revanche, il est intéressant de retenir les moments forts de cette expérience ainsi que les difficultés rencontrées lors de cette expédition à moto inédite.

Le choix des équipages

Nous proposons ce genre d’aventure en priorité aux motards qui ont déjà partagé au moins un voyage avec l’équipe Mono 500. D’abord parce qu’ils le méritent mais aussi parce qu’ils connaissent le fonctionnement de l’agence. Nous avons placé en priorité des groupes d’amis qui voyagent souvent ensemble, qui se connaissent déjà et savent rester soudés face à toutes les situations.

En toute transparence nous les avons tous averti des incertitudes techniques, des dangers et des risques à ne pas négliger. L’idée n’était pas de leur faire peur mais plutôt de nous préparer ensemble à affronter des situations délicates.

Conscients des risques et de l’engagement qu’un tel voyage implique, ces motards de tous horizons se sont préparés pendant plusieurs mois. Certains d’entre eux ont préparé leur organisme pour résister aux conditions extrêmes des Andes. A l’aube de l’hiver, à plus de 4000m d’altitude dans des conditions d’hébergement et d’alimentation parfois spartiates, il est capital de posséder une bonne forme physique et un moral d’acier !

L’aventure humaine était au centre de ce challenge ! Nous avons partagé des grands moments de joie, des moments plus difficiles aussi… mais nous avons toujours pu compter les uns sur les autres. Et on s’est bien marré !

Une météo exceptionnelle

Tout d’abord nous avions choisi le début de l’hiver. Conscient de la forte baisse des températures mais on préfère éviter les pluies qui sont parfois ingérables dans ses régions. Sur 2 mois de traversée, l’équipe n’a essuyé qu’une demi-journée de pluie. Les températures allaient de -10°C à +35°C avec des vents parfois violents.

Un challenge mécanique relevé

Partant du principe que le parc de motos de l’agence ne verrait pas de garage pendant 2 mois, Simon a d’abord passé 1 mois complet pour démonter entièrement chaque moto, refaire les moteurs, renforcer les châssis et faire quelques modifications pour que les bécanes ne lâchent pas sur la route. Aussi, Simon a préparé un stock de pièces complet pour les motos et les véhicules d’assistance comptant près de 2000 références sans compter les outils.

Sur 2 mois, nous avions quelques journées de repos prévues pour l’entretien des machines. Nous en avons profité pour changer des suspensions et des roulements, réglé des problèmes électriques et des soupapes.

Une fois sur la route, nous n’avons eu aucun problème mécanique réel, ni même une crevaison…. Chapeau Simon !

Le passage des frontières, une vraie galère

Le second choix tactique était celui des postes frontière. Nous savions que nous aurions du mal à passer les véhicules dans la mesure où les lois sur le sujet restent floues et ne sont pas toujours appliquées… Dans ce genre de situation il faut être méfiant, car le risque au-delà de la corruption est de se voir confisquer les motos ou même séquestrer en personne par des autorités locales pas toujours bienveillantes.

Nous avons d’abord perdu 48h à l’aller pour sortir d’Argentine. Ensuite il a fallu négocier une demi-journée entre la Bolivie et le Pérou. Idem au retour. Même si nous en sommes venus à bout, nous retiendrons de cette expérience une dose de stress insupportable et un risque démesuré.

Le choix des itinéraires… presque sans faute !

En Royal Enfield dans des régions isolées, le kilométrage quotidien peut-être une limite. Par ailleurs, nous tenions à ce que cela reste un voyage et non une course. Partant du principe que nous pouvions perdre du temps (frontière, météo, mécanique, fatigue etc…) il fallait prévoir des journées tampons. Pour que ce type de raid reste accessible à tous les pilotes, nous devions nous assurer que chaque étape était faisable et respectait nos critères de sécurité (proximité de points de chute et de centre hospitaliers par exemple).

Sans perdre ces éléments de vue, nous avons calibré chaque étape pour qu’elles soient une découverte unique et une expérience motarde hors norme. A l’approche du Salar d’Uyuni en Bolivie l’état de la piste nous a fait perdre 2 jours que nous avons donc modifié pour le retour. Au Pérou, nous avons aussi modifié l’approche de la ville d’Arequipa car un syndicat minier avait lancé une grève nationale violente. Tout le reste du parcours était magnifique, parfois très technique mais magnifique.

3 chutes, le point noir de l’expédition

Malgré un travail de préparation minutieux qui ne laisse rien au hasard, il est difficile d’organiser ce type d’expédition sans avoir conscience des vrais risques encourus. Sur les 12.000 kms parcourus avec 10 motos (soit 120.000 kms cumulés) nos pilotes ont subi le froid, le chaud, la fatigue, la technicité de la piste ou le capharnaüm des grandes villes d’Amérique du Sud… Dans de telles conditions il est impossible de garantir à 100% la maitrise de sa moto, surtout sur des terrains nouveaux et piégeux.

Malheureusement, 3 de nos pilotes sont tombés pendant le road-trip. Dans les trois cas, le véhicule d’assistance tout terrain équipé de matériel médical nous a permis de réagir rapidement et de rapatrier en urgence les blessés. Les membres de l’équipe, formés aux gestes de premiers secours, ont pu prendre en charge les premiers soins avant de passer le relais au centre médicaux les plus proches. Aujourd’hui, ces 3 voyageurs vont bien mais je crois qu’il est important de rappeler les dangers inhérents au voyage à moto, qu’il soit encadré par une équipe de professionnel ou pas.

Bilan de l’expédition

Vous êtes nombreux à nous demander si nous reconduirons ce périple dans les années à venir. La réponse est oui, mais pas tout de suite ! Comme vous avez pu le constater, cette première grande traversée andine est une réussite dans la mesure où tous les participants nous ont témoigné leur gratitude et satisfaction à leur retour. Le challenge est intéressant et les paysages sont absolument uniques. En revanche, je dois avouer que d’un point de vue logistique, l’incertitude qui plane au-dessus des passages de frontières est un vrai frein à l’organisation d’un tel voyage. L’Argentine et la Bolivie sont en train de rédiger les lois et signer les accords qui régissent cette problématique. D’après les autorités locales, ces lois devraient entrer en vigueur dans les 3 années à venir (oui, tout prend du temps en Amérique du Sud). Dans ce seul cas, l’agence proposera à nouveau l’expédition.

Remerciements

Je profite de ce témoignage pour remercier tous les voyageurs qui nous ont accompagnés sur cette expédition ainsi que tous ceux qui n’ont pas pu nous rejoindre cette année. Votre confiance, votre convivialité et vos encouragements sont un réel soutien pour nos équipes. C’est exactement ce qui nous donne envie de nous dépasser chaque jour un peu plus pour partager avec vous la planète au fur et à mesure que nous la découvrons.

Gauthier D. à Salta le 1er/08/2015.

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