RÉMI SUR LES TRACES DE KEROUAC

Rémi, tu décides l’année dernière de partir sur la route en solitaire pour un road-trip de plusieurs mois en Amérique. Quelles étaient tes motivations ?

J’avais l’idée en tête depuis 2 ans, suite à une belle rencontre dans les contreforts de l’Himalaya Népalais, un « traveler » australien m’avait assuré que l’on pouvait passer le Panama en voiture. Ainsi la traversée du continent américain était possible ! Je me suis inspiré des romans de Jack Kerouac pour me prouver que c’était faisable, et que je pouvais peut être aller plus loin que ne l’avait fait la « Beat génération » car il n’y pas de route plus longue que la panaméricaine. Je voulais pouvoir regarder chaque jour vers le sud tout en sachant que la fin est encore loin, qu’il reste tant de choses à voir, de contrées à traverser sur ce continent fait de contrastes, de cultures et de richesses naturelles. Ce fût aussi pour moi le défi de la langue, avec l’apprentissage de l’espagnol et du portugais que je ne parlais pas avant ce voyage.

J’imagine qu’un voyage de cette envergure nécessite un minimum de préparation. Comment t’es tu organisé ?

Le voyage s’est fait sans planning établi sachant que j’avais le temps. Je prends juste un cap et j’avance en laissant ma boussole et mon instinct faire le reste. Cela n’empêche pas d’être organisé face à la météo et la géopolitique. Avec un PVT (Visa – permis vacances travail) canadien en poche, j’ai passé 7 mois à travailler et vivre sur Montréal. Ainsi j’ai économisé de quoi acheter un « char » suffisant pour l’aventure et un équipement pour escalader, pêcher, camper et passer l’hiver canadien. Le site www.couchsurfing.com m’a permis de faire de belles rencontres et d’être hébergé en Amérique du nord.  Cela permet aussi de partager une vrai expérience locale. J’ai aussi trouvé des voyageurs faisant eux même la route et prêts a partager leurs expériences, bons plans et astuces pour le passage des frontières. Aussi, j’ai utilisé Google Maps sur mon téléphone « intelligent ». Arrivé en Amérique centrale, les bonnes cartes m’ont beaucoup manqué car elles se sont révélées impossibles à trouver dans les différents pays d’Amérique latine.

Au départ, tu avais imaginé arpenter l’intégralité de la Panaméricaine. Comment se sont enchaînées les étapes de ton voyage ?

A la base je rêvais de partir d’Alaska pour rallier la Patagonie. Mais j’ai revu le trip pour qu’il se fasse dans un temps et un budget acceptable. J’ai évité les extrêmes nord et sud du continent pour me concentrer sur la partie centrale.

Je suis parti du Québec en voiture puis j’ai traversé les Etats-Unis d’Est en Ouest avec ses parcs nationaux et ses mégalopoles pour arriver en Californie et descendre sur le Mexique par la Baja California. Toujours en voiture, j’ai traversé les pays d’Amérique centrale entre volcans et océans. Puis j’ai du abandonner le confort de ma Subaru pour prendre le seul moyen qui me permettait de rejoindre la Colombie depuis le Panama : un voilier sur la mer des Caraïbes. Enfin j’ai posé les pieds en Amérique du sud pour me rendre compte que la route pour le Brésil n’était pas si simple et que pour rejoindre la côte atlantique je devais descendre le fleuve Amazone.

Tu t’es lancé dans cette aventure en solo. Comment as tu été accueilli dans les différents pays que tu as traversé ?

Dans l’ensemble l’accueil fut très bon même si j’ai souvent manqué de temps pour aller plus loin dans ma rencontre avec les populations locales. Il faut souvent prendre le temps avec chaque personne rencontrée pour qu’elle puisse enlever l’étiquette de  » Gringo  » qui nous colle a la peau dans les pays d’Amérique latine. Mais une fois cette barrière passée, j’ai échangé de bonnes discussions avec les Latinos,  ce qui m’a permis de mieux comprendre les pays et leurs habitants. J’ai particulièrement apprécié la culture de la danse, de la fête très présente dans ces pays latins ainsi que la « Comida de la Calle »,  les plats locaux qui se trouvent a chaque coin de rue et qui manquent terriblement en Europe.

Te souviens tu d’une rencontre particulièrement marquante ?

A Jericoacoara, village de sable niché sur la côte brésilienne, j’étais venu pour applaudir le coucher de soleil à travers une arche de pierre sur la plage. Je me suis fait inviter à prendre l’apéro par de magnifiques locales. Nous avons bu beaucoup de Caïpirina (cocktail local à base de calchaca) ,dégusté des galettes de tapioca, pour finir la nuit a danser le Foro (danse local très coller serré) et tout cela en ne parlant que très peu le portugais. Le langage du corps est finalement le plus beau et le plus simple au monde.

En 7 mois de trip, as tu vécu quelques frayeurs sur la route ?

Un jour, j’étais perdu sur une de ces routes de terres du Honduras, le réservoir d’essence presque à vide, il fallait demander mon chemin aux locaux. Je me suis alors aperçu qu’ils étaient complètement défoncés avec je ne sais quelle drogue, et que l’un d’eux ajustait tranquillement son flingue à sa ceinture. J’ai vite dit merci sans demander mon reste.

Raconte nous une de tes plus belle expérience…

La traversée des Caraïbes en voilier. Quid de la journée parfaite du voyageur en milieu tropical. Se réveiller au matin dans son hamac accroché au mat du bateau, réchauffé par les premiers rayons de soleil et sauter dans les eaux cristallines des îles San Blas pour l’heure du petit déjeuner…

Quel accessoire t’a été le plus utile pendant ton périple ?… Et le moins utile ?

Je me suis beaucoup servi de mon Hamac de jungle. En revanche, j’ai très peu ouvert mon Lonely Planet !

Un petit conseil pour ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure ?

Partir avec des cartes détaillées, un sac léger, et pas mal de détermination pour arriver à sont but final.

Et pour la suite, qu’est ce que tu nous prépares… ?

L’ascension du Kilimandjaro, le plus haut sommet Africain !

Retrouvez toutes les magnifiques photos de Rémi sur son portfolio Picasa

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