Retour de raid en Mongolie

Dans le cadre de ses « voyages-événements » l’agence a organisé cette année un premier raid en Mongolie au guidon du légendaire side-car Ural russe.

Cela faisait longtemps que nous souhaitions retourner en Asie et partir découvrir de nouvelles rencontrées. En 2010, j’avais eu l’occasion de découvrir le Kirghistan en side-car Ural et je souhaitais renouveler l’expérience en organisant une grande première, la traversée des steppes mongoles au guidon de cette machine d’un autre temps…

Basés à l’année en Amérique du Sud, nous avons choisi de collaborer avec un homme de terrain, un guide expérimenté qui connait bien le pays pour y avoir voyagé à de nombreuses reprises avec des groupes de motards. Notre ami Steven, prêt à relever le challenge, nous a donc dégoté une flotte de 7 machines des années 60 à 70. Sur place, il a arpenté la capitale Oulan Bator pour trouver les deux mécanos qui ont préparé les bécanes et un stock de pièces de 200 kg pour assurer notre expédition.

Pour cette balade, Steven a sélectionné une petite équipe locale (accompagnateur, mécanos, cuisinière et chauffeur) qui nous ont suivis dans « Le Uaz », un petit fourgon russe tout-terrain qui grimpe aux arbres. Aussi, il a prévu une moto de secours sur un plateau.

De notre côté, Chloé et moi avons réuni un groupe de 6 cobayes près à tenter l’aventure. Certains avaient déjà voyagé avec nous en Argentine, seulement 2 d’entre eux avait déjà piloté un sidecar. Pour tous, cette aventure relevait du challenge !

La balade en sidecar aura été de courte durée…

Nous étions partis pour relever un défi mécanique. Nous avons malheureusement échoué.
Au départ d’Oulan Bator, les machines ont rapidement montré des faiblesses et ont enchainé les pannes dès les premiers kilomètres. Suite à ma première expérience au Kirghistan, je savais qu’il allait falloir changer régulièrement les bobines et les bougies… mais j’étais loin de me douter que nous allions trouver les sides dans cet état : dès les premières heures nous avons eu des problèmes plus compliqués comme des joins moteur, des vis patinés à régler en permanence, boite de vitesse, électricité. Après trois journées passées à galérer avec 4 motos roulantes sur 7, Steven et moi avons pris la décision de proposer au groupe de changer de montures. Ce fut une réelle déception et une décision difficile à prendre mais ce raid devait rester un voyage, nous devions tout de même profiter de ce merveilleux pays et proposer une alternative à tous ces pilotes venus de si loin pour découvrir les steppes… A l’unisson, le groupe a validé cette décision. Nous avons donc fait venir 6 bécanes d’enduro (250cc) en camion depuis Oulan-Bator pour pouvoir continuer notre périple. J’ai pris un réel plaisir à jouer avec ces machines qui permettent « d’attaquer » un peu sans prendre de trop gros risques.

Un très bel itinéraire, tranquille et modulable

Grâce à l’expérience de Steven sur place, nous avons dessiné un très bel itinéraire d’une douzaine de jours au départ d’Oulan Bator. Cette boucle comptait des étapes relativement courtes pour faire face aux éventuels problèmes mécaniques. Au milieu du parcours, nous avions aussi prévu 2 jours dans des familles de nomades. Les steppes, beaucoup de pistes, des sentiers de montagne, des lacs, des cols, des nuits en yourtes et cette merveilleuse citée de Karakorum (ancienne capitale de l’empire).

Une belle aventure humaine

Même si le groupe était composé de personnalités très différentes, d’âges différents et d’expériences moto très variées, tout s’est super bien passé, même dans les moments difficiles. Les galères mécaniques ont donné pas mal de fil à retordre à notre équipe locale mais ils n’ont rien lâché !

 

Une météo parfaite

Côté météo nous ne nous sommes pas trompés. Nous avions choisi la fin de l’été, l’époque à laquelle les températures baissent un peu (30°C tout de même !). Le soleil a brillé sur tout le parcours avec seulement 30 minutes de pluies et les nuits fraîches nous ont permis de recharger les batteries sous la yourte.

Bilan personnel

Je garderai un excellent souvenir de ce périple mongol même si je dois avouer ma déception de n’avoir pu mener à terme l’expédition en sidecar… Mon expérience, tout aussi subjective qu’elle puisse être, me pousse à croire que la Mongolie n’est pas forcément la destination moto par excellence ! Malgré les apparences, le pays est peuplé sur tout son territoire et les infrastructures touristiques développées. Nous avons été bien accueillis et notre accompagnatrice Sarrul nous a permis de mieux comprendre les codes du pays et d’échanger (un peu) avec nos hôtes. Cependant, les échanges avec les locaux sont beaucoup trop souvent faussés par le passage un peu trop régulier des touristes se déplaçant en véhicules motorisés.

Il faudrait prendre le temps de partager cette vie nomade avec des moyens de locomotion locaux, partir à cheval l’été ou en traineau l’hiver. De plus, il faudrait privilégier les tout petits groupes (pas plus de 5 personnes) pour ne pas se coincer dans une bulle qui rende les rapports « pro-touristiques » avec la population locale.

Pour toutes ces raisons, il est donc peu probable que Mono 500 reconduise un tel périple. Toutefois, je n’abandonne pas l’idée du voyage en Side-car et je poursuis ma quête pour trouver une flotte de machines neuves et fiables pour proposer de nouveaux circuits insolite ailleurs dans le monde…

Je remercie très sincèrement Saruul, Orgilma et Steven pour leur professionnalisme et leur positivité permanente. Aux petits oignons, ils nous ont offert de superbes conditions de voyage et nous ont fait découvrir avec amour et passion leur pays et leurs coutumes. Merci également à nos 6 voyageurs intrépides pour leur confiance et leur bonne humeur tout au long de ce périple.

Gauthier Deschamps

A lire également

Laisser une réponse

Votre adresse courriel ne sera pas poubliée