À 25 ans, Jonathan finance 28 mois de roadtrip grâce au poker

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PORTRAIT

Toute l’année, nous suivons des voyageurs au long cours. Nous en rencontrons certains en voyage, d’autres chez nous. Et c’est toujours l’occasion de partager nos découvertes et notre passion pour le voyage et l’aventure.

À 25 ans, Jonathan finance 28 mois de roadtrip grâce au poker

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À 25 ans, Jonathan finance 28 mois de roadtrip grâce au poker

Comment est née ton idée de voyage ?

J’ai commencé à voyager pendant mes études, version baroudeur, couchsurfing et autostop. Un voyage après l’autre, à chaque fois un peu plus émerveillé qu’au précédent, je me suis convaincu qu’un jour, je ferais le tour du monde. A la sortie de mes études, l’occasion ne s’est pas présentée tout de suite, puisque j’ai immédiatement commencé à travailler, mais à 25 ans, à la fin d’un CDD un peu ennuyeux, je me suis dit que c’était le bon moment. J’ai commencé à monter mon projet de Tour du Monde, et puisqu’il fallait bien commencer quelque part, j’ai atterri à Rio de Janeiro…

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« Tant que je gagnerais, je continuerais »

Comment avez-vous préparé votre voyage à moto ?

Comme à mon habitude, je n’ai quasiment rien préparé. Juste une première adresse où aller dormir à Rio, et les vaccins. En revanche, durant les 4 mois précédant le départ, étant désormais sans emploi, j’ai joué régulièrement au poker, qui était ma passion. Ça a bien marché, tellement bien que juste avant le départ, j’ai décidé de financer exclusivement mon voyage avec les cartes. Je jouerais sur la route, et tant que je gagnerais, je continuerais…

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Quel était ton itinéraire ?

Je suis parti de Rio de Janeiro et j’ai terminé à Las Vegas aux Etats Unis, presque deux ans et demi plus tard ! Jamais je n’aurais cru pouvoir tenir aussi longtemps, mais il faut croire que la chance m’a souri 🙂 Sur le chemin, j’ai traversé 14 pays d’Amérique du Sud et Centrale. Je suis resté quelques semaines à quelques mois dans la plupart d’entre eux, mais je me suis surtout installé 6 mois en Colombie et 7 mois au Pérou.

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Voyager en moto c’est aller où on veut quand on veut

Au début, je n’avais pas du tout prévu de voyager à moto, mais en autostop et en bus ! L’opportunité s’est présentée après deux mois de voyage au Paraguay. J’avais pas mal gagné dans mes parties brésiliennes, et j’ai voulu m’offrir un cadeau… Jamais je n’avais conduit de moto auparavant, mais dans l’excitation du voyage, je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée… Et bien m’en a pris ! Ma première moto fut une Leopard Yes 150cc. Une moto chinoise, fabriquée au Paraguay… Probablement pas la monture idéale pour faire des milliers de kilomètres, mais n’y connaissant absolument rien, je ne me suis pas posé beaucoup de questions. J’ai juste choisi « Parkinson » ( elle tremblait dès que j’accélérais trop ^^ ) sur des critères esthétiques. Le voyage a complètement changé à partir de l’achat de la moto. Ne plus dépendre des horaires de bus, aller où on veut quand on veut, se faire ses propres étapes… Et puis simplement le plaisir de rouler dans des paysages magnifiques, seul, la musique dans le casque avec ce sentiment de liberté absolue… Que d’émotions.

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La voyage, est un bon moyen pour se découvrir soi-même

Ma plus grande surprise c’est peut-être de m’être découvert pendant ce voyage. Je considère le voyage comme une sorte de laboratoire social, au sens propre. Loin de chez soi, loin de ses références connues, de sa famille, ses amis, son travail, on peut se permettre de tenter des choses différentes. Avec en plus la « sécurité » de se dire que si ça ne marche pas, les conséquences ne seront pas très graves, puisqu’on créera une nouvelle vie à la ville suivante. J’ai beaucoup expérimenté durant ces deux années, à chaque rencontre. J’ai osé faire de choses et vivre des expériences que je n’aurais pas osé approcher en France, et j’ai le sentiment que ces deux années m’ont fait beaucoup évoluer.

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Voyager c’est rencontrer … toutes les sortes de gens

Tellement ! J’en ai écrit un livre entier haha. Que choisir entre les personnages rocambolesques rencontrés au gré des parties de poker des bas-fonds sud-américains, ou les merveilleuses personnes qui ont illuminé ma route… Allez, si je dois choisir une seule rencontre, peut-être celle d’une Colombienne dont j’ai croisé le regard dans un bar à Cartagène et qui m’a décidé à rester dans son pays jusqu’au dernier jour de mon visa…

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Ma plus belle galère : au lac Titicaca

Quelques jours après la traversée du Titicaca, je vis chez Juan Manuel, il est militaire, vient de Lima mais a été affecté ici, à Puno, dans une caserne où il travaille au captage des messages radios autour du lac. Ce matin, 6 heures, il reçoit l’appel d’un autre français qui est censé rester chez lui quelques jours. «  Il y a une manif, ils ne laissent pas passer les bus. Je suis bloqué à Juliaca, à une heure de chez toi » Je me propose d’aller le chercher à moto et suis témoin de mon tout premier bloqueo. Un bloquage de route politique, un peu à la manière des Gilets Jaunes, version Péruvienne. À mon arrivée sur place, il y a des pierres sur la route, des pneus enflammés, des tessons de bouteille partout. Je traverse les premiers obstacles qui ne sont pas trop difficiles à esquiver, mais bientôt, je suis obligé de rouler au pas tant il y a du verre partout. Il y a une bonne dizaine de barrages sur près d’un kilomètre. Plus je m’approche du centre, plus les tessons et les pierres se densifient. Aucune voiture ne passe, juste quelques motos et vélos. Et beaucoup de piétons. La foule grossit elle aussi à l’approche du centre. Elle est divisée entre les bloqueurs et les simples habitants. Je sens les premiers de plus en plus excités. Ils boivent beaucoup, mettent de la musique fort, semblent déterminés à rester plusieurs jours ici. Les autres marchent, de plus en plus nerveusement. Je le suis moi aussi. J’essaie de faire profil bas, me doutant que dans un contexte aussi tendu, je n’ai pas spécialement intérêt à trop attirer l’attention. Le fait que je sois sur ma petite moto chinoise est une bonne nouvelle, puisqu’aucun étranger ne se déplace ainsi. J’ai d’ailleurs baissé la visière de mon casque pour qu’ils en voient le moins possible, mais je suis en t-shirt et ne pourrai pas faire illusion trop longtemps. À un moment, l’un des bloqueurs, un peu plus bourré que les autres, voyant peut-être la blancheur de mes bras ou ma plaque paraguayenne, me lance en se marrant une bouteille qui vient se briser à un mètre de mes roues. Je sens des éclats sur mon jeans, et la situation pas loin de dégénérer. Le principe du bloqueo, c’est de bloquer la route, et en esquivant ainsi à travers les obstacles, je suis un peu en train de casser leur délire… Cent mètres plus loin, alors que je suis au milieu de tout ce monde, je surprends le regard d’un des mecs qui me fixe intensément, derrière ma visière. Il doit voir mes yeux bleus, puisqu’il s’arrête d’un coup et crie : « Turista ! » Toutes les têtes se tournent vers moi. Ils voient mes bras blancs, mes yeux d’étranger, et se mettent tous à crier eux aussi : « Turista ! Turista !! ». En un instant, il y a dix personnes autour de moi, je ne peux plus avancer. C’est chaud ! J’ai pendant une seconde l’horrible image de la une du lendemain racontant l’histoire de ce Français lynché au beau milieu d’une manif dans le sud du pays, mais heureusement, ceux-là ne me veulent pas de mal. Au contraire, ils me protègent : «  Ne continue pas ! Ils vont te crever les pneus ! Ils vont te lancer des pierres ! Ce sont des rateros » Tous insistent et me disent de m’en aller tout de suite. Je décide de suivre leurs conseils, je ne vais pas jouer au héros, j’en ai déjà assez vu. Demi-tour, j’arrête la moto à deux kilomètres du centre et attends là le couchsurfeur qui va finalement me rejoindre à pied, tout moyen de transport depuis la ville étant définitivement bloqué. Pendant la demi-heure d’attente, une bonne dizaine de personnes qui arrivent me demandent si je peux les prendre en stop. Ils m’assurent qu’ils vont me payer, qu’ils veulent juste s’en aller rapidement. Ils voient bien que je suis étranger, et que ce n’est pas mon boulot mais tentent quand même leur chance. Ça ne m’est jamais arrivé avant… Finalement le Français arrive, son taxi s’est fait caillasser, il ne fait pas le fier lui non plus. Il monte, et vu que les premiers barrages que j’ai passés sont désormais verrouillés et les Péruviens qui les gardent encore plus agressifs, je décide de couper à travers champs. Les manifs françaises sont connues dans le monde entier… Je crois que le monde entier n’est pas allé au Pérou.

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Quel est l’objet que tu as emporté qui ne t’a jamais servi ? 

Ma bombe lacrymo, et heureusement… Je l’avais achetée sachant que j’allais fréquenter des lieux pas forcément recommandables, mais j’ai toujours eu très peur d’en arriver au point où je devrais l’utiliser… Au final, au bout d’un moment, j’ai simplement arrêté de l’emmener avec moi dans les parties.

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Les parties de poker clandestine à Salta

Mon meilleur souvenir de voyage c’est peut être la partie de poker clandestine dans l’arrière salle d’une peña, un restaurant traditionnel en Argentine. C’était une partie ma foi assez bien fréquentée, on y trouvait le gratin de la ville de Salta, et j’y suis arrivé dans un contexte où le poker était un peu compliqué pour moi. J’y ai fait la plus belle victoire de mon voyage. Sur le chemin du retour, sur Parkinson à fond dans les montagnes, j’avais des billets à ne plus savoir qu’en faire, dans les poches de mon jeans, de ma veste, jusque dans mes chaussures… Je me souviens encore de la bière de la victoire, dégustée au lever du soleil, avec le gardien de l’auberge de jeunesse avec qui j’avais sympathisé. Il était 7h du matin, j’avais joué toute la nuit, les premiers backpackeurs allaient prendre leur petit déj, et moi je fêtais ma victoire… Ce jour là, je me suis senti vraiment différent, et je crois que c’est à partir de ce moment que j’ai décidé de prolonger mon voyage au delà de l’année initialement prévue, et d’en faire ma vie…

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Quel serait votre prochain road trip à moto ?  

J’ai terminé ce voyage il y a cinq ans maintenant, et bizarrement, je ne suis jamais reparti pour un autre grand voyage. Je pense qu’après deux ans et demi sur les routes, j’ai un peu exploré là bas ce que j’avais à explorer, et désormais, je suis plus tranquille, moins fou. Mes nouveaux grands projets sont plutôt professionnels aujourd’hui. Je travaille sur un deuxième livre, qui parlera aussi de voyage, mais plutôt dans de la fiction désormais.

Nous vous recommandons la lecture du livre de Jonathan disponible sur Amazon et suivre ses aventures sur Facebook 

Par : Jonathan Salamon
Crédits photos : Jonathan Salamon

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