PORTRAITS

Toute l’année, nous suivons des voyageurs au long cours. Nous en rencontrons certains en voyage, d’autres chez nous. Et c’est toujours l’occasion de partager nos découvertes et notre passion pour le voyage et l’aventure.

Marjo & Alex : Ushuaïa – Alaska en Royal Enfield

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Depuis plus d’un an, Marjo et Alex ont pris la route pour rejoindre l’Alaska depuis Ushuaïa. Jusqu’ici, ils ont parcouru 35 000 km de panaméricaine, le tout en Royal Enfield ! 

Comment est née votre idée de voyage ?

Avec un peu de recul on dirait que c’est la peur qui nous a fait tout quitter…

La peur de passer à côté de notre vie, de ne pas vivre une aventure un peu audacieuse pendant qu’on pouvait s’en donner les moyens, de privilégier un confort matériel au détriment d’expériences uniques…

La peur du vide en fait! Et nous avions tous les deux eu la chance de passer de beaux séjours en Asie et en Europe, et Marjo connaissait bien l’Australie.

Donc on s’est assez naturellement orienté vers la découverte des continents américains. Nouvelles cultures, musiques, spécialités culinaires, langues, climats, un bon ratio route/offroad, etc. 

Marjo et Alex sur la panaméricaine

Comment avez-vous préparé votre voyage à moto ? 

On a fait un tour de chauffe, un tour de Corse en deux semaines. C’était d’autres machines, d’autres conditions, mais ça nous a conforté dans notre choix de vouloir nous lancer.

Marjo avait besoin de se rassurer aussi, avant de tout plaquer. Ça nous a permis de faire nos premiers essais, nos premières erreurs, et de nous corriger.

Ensuite, ça nous a pris environ 6 mois. Durant ce temps, on a principalement bossé sur le sujet qu’on maîtrisait le moins, à savoir la mécanique.

On a étudié les guides d’ateliers, on s’est pas mal intéressé via des forums ou d’autres réseaux aux problèmes existants sur nos machines, commandé les pièces de rechange en conséquence, équipé nos bécanes pour un trip à durée indéterminée, passé du temps à discuter et à apprendre de gens qui avaient de l’expérience…

On a également démarché des “partenaires”. Pas des sponsors. On ne s’est engagé à rien en terme de contenu de nos publications, de fréquence, d‘opinion sur les produits…

On a juste offert la possibilité, aux pros du secteur qui le souhaitaient, de nous encourager dans notre démarche en nous filant un coup de pouce…et ça a marché pour quelques uns, on les en remercie encore 🙂

Ça nous a aussi appris nos premiers échecs, merci à ceux-là également! Mais au moins on n’a pas modifié la dynamique de notre rêve de gamins.

Le sanitaire (vaccins, traitement eau, médicaments à emporter..) nous a aussi bien occupés, presque autant que la logistique et l’administratif (transport des véhicules, passeports, équipements camping…).

En résumé, c’est ta curiosité qui te fera oublier le moins de choses possible, mais t’en oublieras quand même …

Marjo et Alex en Corse

Quel était votre itinéraire ? 

Départ de la maison, en Haute-Savoie, pour rejoindre le port d’Anvers en Belgique, d’où nous avons embarqué avec nos montures sur le “Grande San Paolo”, un bateau cargo, pour 34 jours de traversée jusqu’en Uruguay, à Montevideo.

De là, descente jusqu’à la fin du monde, Ushuaïa (Argentine), avant le Chili, le Brésil, le Paraguay, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur, la Colombie et le Panama.

On est aujourd’hui au Costa Rica où on espère la réouverture des frontières pour continuer notre aventure, si tout se passe comme prévu, jusqu’en Alaska…

Traversée en cargo de Marjo et Alex

Pourquoi avoir voyagé à moto ? 

A l’origine, il y a deux idées qui se complètent… Une découverte des Amériques, et un trip longue durée en moto; et paf, ça fait des Chocapic!

On est tous les deux des passionnés de motos. On sait bien que les bécanes d’aujourd’hui sont à la pointe de la technologie, confortables, rapides, équipées de fou… mais on croit aussi que si l’électronique te lâche, t’es raide si personne n’a d’ordi dans les pays que tu traverses…

Et t’as intérêt à avoir un joli budget pour t’offrir une BM, KTM, Triumph…

Notre choix s’est donc naturellement orienté sur des motos qu’on imaginait incassables, infatigables, bon marché, avec une mécanique simple et peu d’électronique : celles de l’armée indienne!

On les imaginait aussi plus discrètes, mais là on s’est trompé. Les locaux n’en voient que très peu, et ont donc souvent 1000 questions sur ces bolides qui attirent la sympathie !!

On savait dès le départ qu’en choisissant la moto comme moyen de transport, on se restreindrait sur certaines visites ou points de passages. Tu dois y veiller quand tu t’arrêtes manger, trouver des endroits safe pour passer la nuit, la surveiller à tour de rôle quand tu passes les frontières, etc.

Mais tu t’offres aussi une formidable liberté de voyager la truffe au vent, d’aller où tu veux (peux?) quand tu veux, de te dépasser, d’acquérir de nouvelles compétences en conduite, de rencontrer d’autres galériens en moto avec qui partager conseils et astuces, en bref t’en apprends tous les jours sur un sujet qui te passionne…

Et même si c’est vraiment pas tout le temps facile, c’est ça qui fait la beauté du voyage!

On se souvient au Chili, juste avant un col, avoir eu beaucoup de neige. Pendant 2 heures on a essayé d’évaluer la situation, on s’est demandé si on était capable de rouler chargés dans ces conditions.

On n’avait aucune idée de combien de kil ça allait durer. On s’est encouragés et on s’est lancés! Une fois cette étape franchie, la sensation d’accomplissement était incroyable !

Aujourd’hui on ne s’imagine plus voyager autrement.

La moto implique de l’engagement (et des fois de remettre un équipement trempé le lendemain), mais nous offre une indépendance qu’on retrouverait beaucoup plus difficilement en back-pack par exemple.

Marjo et Alex sur la panaméricaine

Ce qui vous a le plus surpris ? 

Comme dirait l’autre, la vie c’est d’abord des rencontres.

Ok, le climat, la santé et les problèmes techniques jouent aussi un rôle important dans la réussite de ton expérience, mais si tu tombes sur des gens bien intentionnés qui te tendent la main quand t’es en galère, tu gardes le moral.

Et ça, ça a été un choc des cultures! Dans nos sociétés où tout est très cloisonné, où on se méfie beaucoup, les gens partagent au final très peu de choses avec des inconnus.

La solidarité (uruguayenne en particulier) et la bienveillance d’étrangers, qui parfois sans trop de moyens, t’accueillent comme un membre de leur famille et te font confiance, ça fait partie de nos meilleurs souvenirs.

Et du coup, garder le contact, recevoir ou prendre des nouvelles de ces gens là, c’est vraiment important pour nous.

Marjo et Alex sur la panaméricaine

Vos plus belles rencontres ?

Plein de rencontres ont compté, et comptent encore, depuis le début de cette aventure. Mais notre première crevaison, après seulement quelques centaines de kilomètres, on n’est pas prêts de l’oublier.

Piste chaotique, peu de passage, la nuit tombe dans 2 heures et il nous reste plus de 150 bornes. Qui dit première crevaison, dit premier bricolage en conditions réelles. Ça dure.

Le peu de camions, tracteurs ou mobylettes qui passent nous proposent de l’aide. Même 3 gauchos nous voient au loin et arrivent sur leurs magnifiques chevaux. Mais ça va on a presque fini, merci les gars.

Encore une mobylette, ça klaxonne pour saluer, continue 200 mètres, et fait demi-tour. La plaque étrangère l’a intrigué, il engage la conversation. On lui résume la situation et lui demande s’il connaît un spot dans les environs pour camper.

Il s’appelle Lucas et nous dit qu’il y a un terrain de foot dans le prochain village, mais nous demande de patienter, il doit passer un coup de fil. On s’exécute, un peu sur nos gardes…

Avec notre Espagnol approximatif, on comprend qu’il demande à un ami s’il peut nous emmener chez lui. Ça semble pas poser de problème. On décide de le suivre et on se remet donc en route, encore un peu plus sur nos gardes.

On arrive chez Dario et sa famille. Pitchu est là aussi. On est accueillis comme si on s’était vu la semaine passée. On est vachement moins sur nos gardes!

On nous propose une douche (merci beaucoup!), le gîte, le couvert, et surtout de passer un de nos meilleurs moments à partager avec des gens formidables qu’on espère absolument revoir un jour…

Le soir même, ils nous trouvent une chambre à air de rechange, et le lendemain matin, après nous avoir apporté les croissants, ils font venir la radio locale pour une petite interview… Quels souvenirs!

Beaucoup d’amitiés se créent, tout est plus condensé quand tu vis en itinérance !

Marjo et Alex sur la panaméricaine

Votre plus belle galère ? 

Les galères c’est un peu comme les rencontres, difficile de n’en citer qu’une! Mais la saison des pluies au Pérou, en avance cette année, nous en a fait voir de toutes les couleurs. Un réseau routier perfectible, des terrains instables, beaucoup de flotte, le mix parfait pour des heures de pur bonheur…

Après une belle journée de roulage sous 4% d’ensoleillement, on arrive à nouveau à une portion bloquée. Glissement de terrain, la “route” est 400 mètres plus bas.

On nous annonce 3 heures d’attente, et on n’a pas beaucoup d’autres options. Rebrousser chemin et c’est 2h30 de route dans l’autre sens ou patienter, se mettre de nuit mais le prochain village est 8 bornes plus haut.

Pas moyen de planter la tente ici, c’est à flanc de montagne et on croise déjà difficilement à deux véhicules. Ok on attend. La nuit tombe, la pluie reprend. Enfin, on peut repartir.

Mais on n’ira pas loin…le revêtement déjà pas super a ramassé, c’est à peu de choses prêt 20 cm de mélange de boue/glaise. Les motos finissent par terre tous les 100 mètres, on n’y voit rien du tout, ça patine, plus de direction…

On ne fera pas plus que 3km, jusqu’à un dépôt d’engins de chantier où on posera la tente jusqu’au lendemain matin…on mettra encore 3 heures pour rejoindre ce fameux village!

Et des histoires comme ça, on commence à en avoir 2-3, mais après coup, c’est ces petits moments compliqués (et surtout sans gravité) qui font ton voyage et les meilleurs souvenirs!

Marjo et Alex sur la panaméricaine

Votre meilleur souvenir ? 

On aime à penser que notre plus beau moment, c’est celui qu’on n’a pas encore vécu.

Mais on a tellement galéré pour notre traversée du Sud Lipez Bolivie, qu’après 5 jours en autonomie dans ce désert, dans des conditions pas faciles, on était vraiment fier de s’être accroché et d’avoir construit ce souvenir.

Un petit pas pour l’Homme, mais un grand pas pour royal_panam !

Marjo et Alex sur la panaméricaine

Quel est l’objet que vous avez emporté qui ne vous a jamais servi ? 

Marjo : du rouge à lèvres ^^

Alex : un harmonica ^^

Ushuaia

Quel serait votre prochain road trip à moto ? 

On a plein d’envies et d’idées pour un prochain voyage. Mais chaque chose en son temps, notre projet de base c’est de rejoindre l’Alaska!

Tout ce qu’on peut vous dire, c’est qu’on prévoit de le faire en moto également, et on en dira plus au moment voulu sur notre Instagram, @royal_panam 😉

Pour suivre les aventures de Marjo et Alex, rendez-vous sur Instagram royal_panam et sur leurs irrésistibles vidéos sur leur chaîne Youtube.

Par : Marjo & Alex
Crédits photos : royal_panam

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Marjo & Alex : Ushuaïa - Alaska en Royal Enfield

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